1025 | Code, IA et tortue bicentenaire : le tour des nouvelles tech

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De la présence de l'IA sur le marché du travail et dans le code aux failles de sécurité des TV et des serveurs, en passant par un chip qui lit le cerveau et une tortue bicentenaire : tour d'horizon des nouvelles tech de la semaine.

Chronologie

  • 00:00:04 Introduction
  • 00:00:30 IA : investissements massifs, retours encore absents
  • 00:04:19 Écrire du code avec l'IA : nouveaux projets et nouveaux langages
  • 00:07:13 Sécurité : TV espionnes, faille Brotli et bitcoin à décrocher
  • 00:09:49 Outils et plateformes : GitHub cède-t-il du terrain ?
  • 00:11:57 Cerveau, calcul et curiosités : du chip au cerveau à la tortue Jonathan
  • 00:14:49 Conclusion

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Transcript

Claire Martin: Bonjour à tous, bienvenue dans le podcast. Moi c'est Claire Martin.

Nicolas Moreau: Et moi Nicolas Moreau. Alors ce soir on a un fil rouge assez ironique, tu vas voir : l'IA qui promet beaucoup, qui coûte très cher, et qui selon certains observateurs ne rapporte pas encore grand-chose... alors que dans le même temps elle bouleverse déjà des métiers et réécrit carrément la façon dont on écrit du code.

Claire Martin: Oui, et ça nous amène aussi à la sécurité, aux plateformes qui bougent, et même à une puce implantée dans le cerveau. Restez avec nous, il y a de quoi faire.

Nicolas Moreau: Alors commençons par le sujet qui fait sans doute le plus parler en ce moment : les finances de l'IA. Il y a une publication d'Apollo, signée Torsten Slok, qui dit quelque chose de assez direct : malgré le hype et un investissement massif, l'IA n'a pas encore généré de retour financier en dehors du secteur de la technologie.

Claire Martin: C'est un point qui mérite d'être déplié, parce que le raisonnement derrière c'est essentiellement celui-là : le secteur tech, donc les hyperscalers, les fabricants de puces, les fournisseurs d'infrastructures, eux captent des revenus réels. Mais tous les clients qui achètent ces services en espérant gagner en productivité, eux, ne montreraient pas encore de gains mesurables dans leurs comptes.

Nicolas Moreau: Et ce qui est intéressant dans les réactions, c'est qu'il y a plusieurs camps. Il y a ceux qui disent : c'est normal, c'est une technologie générale, les retours mettent du temps à arriver, exactement comme l'électricité ou internet. Il a fallu des années, voire des décennies, avant que ces technologies transforment réellement les entreprises. Donc juger maintenant serait une erreur de calendrier.

Claire Martin: Et en face, il y a la position plus sceptique : si l'investissement est massif et les retours absents, à un moment il y a une question de soutenabilité. Les capitaux engagés sont énormes, et une fois qu'on dit « les retours viendront plus tard », on se met dans une position où il faut y croire, littéralement, pour que le modèle tienne. Un commentateur résumait ça en disant qu'on est passé d'une question technique à une question de foi.

Nicolas Moreau: Oui, et je pense qu'il faut être honnête : sur ce point précis, il n'y a pas de consensus dans les discussions. Certains avancent que les gains de productivité sont diffus, donc difficiles à isoler dans les chiffres macroéconomiques. D'autres rétorquent que si la diffusion était réelle, on devrait commencer à la voir quelque part, ne serait-ce qu'en boutiques ou en services.

Claire Martin: Et puis il y a un angle qui complique le tableau : l'emploi. Une étude relayée ce jour indique que les États-Unis ont perdu plus de 200 000 emplois dans les médias, le cinéma et les arts en quatre ans. Hollywood à elle seule en aurait perdu environ 100 000, soit près d'un tiers du secteur.

Nicolas Moreau: Alors là, le lien avec l'IA, c'est la question que tout le monde pose, et qui reste ouverte : est-ce que l'automatisation explique ces pertes ? Parce qu'on pourrait imaginer d'autres causes : les grèves passées, l'économie du streaming qui se réorganise, le coût des productions... Les commentaires n'arrivent pas à trancher.

Claire Martin: C'est exactement le point important. Certaines personnes disent que le timing coïncide trop bien avec l'arrivée des outils génératifs pour être une coïncidence. D'autres disent : attention, ce sont des secteurs cycliques, et la baisse a peut-être des causes structurelles qui n'ont rien à voir avec l'IA. Et honnêtement, sans données plus fines, personne ne peut trancher.

Nicolas Moreau: Et c'est là qu'on peut faire entrer le contrepoint de Dream Labs, qui vient de sortir du stealth avec 90 millions de dollars en seed. Ils proposent Dream-1, un modèle qu'ils appellent World Action, à 3 dollars de l'heure, qui contrôle des robots jamais vus, en zéro-shot.

Claire Martin: Trois dollars de l'heure pour un robot, ça met le coût de la main-d'œuvre artificielle dans un ordre de grandeur très concret. Et le zéro-shot sur des robots jamais vus, si ça se confirme à grande échelle, ça change la donne, parce qu'on ne parle plus de robots programmés pour une tâche précise, mais d'un modèle généraliste qu'on branche sur du matériel inconnu.

Nicolas Moreau: Donc côté offre, la course continue, elle s'accélère même. Mais ça ne répond pas à la question de départ : quand les retours arriveront-ils, et pour qui ? C'est vraiment la grande inconnue de ce chapitre. Ce qu'on peut dire, c'est que l'écart se creuse entre ce que l'IA promet, ce qu'elle coûte, et ce qu'elle rapporte aujourd'hui.

Claire Martin: Et justement, il y a un autre symptôme de cet écart, un peu plus subtil, que je trouve fascinant : un article qui affirme que les textes produits par l'IA deviennent de plus en plus difficiles à comprendre pour les humains, précisément parce qu'ils sont optimisés pour la densité d'information, pour le raisonnement, et non pour la communication avec d'autres humains.

Nicolas Moreau: Ah oui, ça c'est un angle qu'on n'avait pas anticipé. On optimise les modèles pour la performance, pour l'efficacité du raisonnement, et en contrepartie la lisibilité pour un humain se dégrade. C'est presque une externalité invisible.

Claire Martin: Et ça rejoint des expériences qu'on entend souvent en commentaires : des gens qui disent « je lis un article généré, je comprends chaque phrase, mais je n'arrive plus à suivre le fil global ». Ce n'est pas un manque de clarté locale, c'est un problème de structure pensée pour une machine, pas pour un lecteur.

Nicolas Moreau: Bon, passons maintenant de la théorie à la pratique : que se passe-t-il quand on met l'IA au travail sur du vrai code ? Et là, Dan Luu a publié quelque chose qui a pas mal relancé le débat. Sa thèse : avec l'IA, des projets autrefois considérés comme irréalistes, trop gros ou trop longs, deviennent faisables en quelques heures. Il cite pgrust, et un moteur d'expressions régulières, comme exemples.

Claire Martin: Mais attention, et c'est le point que Dan Luu martèle : ça ne marche que si les projets sont testés et validés sérieusement. Ce n'est pas « l'IA écrit tout, c'est génial ». C'est « l'IA écrit beaucoup, et il faut un filet de sécurité pour vérifier que ce qu'elle écrit est correct ». Sans cette discipline, ça s'effondre.

Nicolas Moreau: Et il y a un exemple très parlant qui circule : bbtree, un arbre ordonné écrit entièrement par des LLMs, selon son auteur. Il est conçu comme substitut du BTreeMap, avec pour objectif de réduire les cache misses et la contention sur la cohérence.

Claire Martin: Pourquoi c'est intéressant ? Parce que les B-tree, c'est le cœur de beaucoup de bases de données et de structures indexées. Et les gains de performance dans ce domaine, ils ne viennent presque jamais de la complexité algorithmique, ils viennent de l'organisation en mémoire, des cache misses. Donc faire travailler un LLM sur ce niveau d'optimisation, c'est ambitieux, parce qu'il faut comprendre les subtilités du matériel.

Nicolas Moreau: Et là, le débat en commentaires est assez vif. Il y a ceux qui voient ça comme la preuve que les LLMs peuvent maintenant traiter des problèmes de bas niveau, donc pas juste du code d'interface. Et d'autres qui rappellent : on ne sait pas encore comment ces approches se comportent à grande échelle, dans le temps, avec des équipes, des maintenances, des cas limites. C'est un prototype brillant ou un fondement solide ? Rien ne le dit encore.

Claire Martin: Oui, et c'est vraiment l'inconnue du sujet. Un projet de quelques heures, validé par des tests rigoureux, c'est une chose. Une infrastructure de production, avec des années de maintenance, c'en est une autre. Et ça, personne ne l'a encore démontré.

Nicolas Moreau: En parallèle, il y a un autre angle qui montre que l'innovation ne passe pas que par l'IA : Goose, un langage de systèmes memory-safe, sans heap, sans garbage collector, et sans annotations.

Claire Martin: Et le résultat le plus marquant : dans les benchmarks, Goose tourne plus vite que C++ et Rust, tout en utilisant moins de mémoire. Ce qui est troublant, c'est qu'on pensait que Rust était la réponse définitive à la memory safety sans coût. Et voilà qu'on nous propose une autre approche, avec une contrainte différente, pas de heap du tout.

Nicolas Moreau: Et je trouve intéressant de mettre ça en regard avec un sujet un peu technique : gpu-unlock, un module Linux qui libère la limitation de débit FP/BF16 des GPUs Nvidia de la série 3000 pour la ramener au niveau professionnel. Des gains allant jusqu'à 80 pour cent en BF16 GEMM.

Claire Martin: Là, le lien c'est : la performance, on va aussi la chercher du côté du matériel et de ses verrous. Ce module, c'est un cas intéressant parce qu'il touche à une limitation commerciale, pas technique. On a du matériel capable de plus, bridé par une politique de gamme.

Nicolas Moreau: Et ça, ça relance le débat sur la frontière entre optimisation logicielle et contournement de règles commerciales. Certains commentaires défendent l'idée que si on a payé pour le matériel, on devrait pouvoir en tirer le maximum. D'autres disent : c'est le modèle économique qui finance le développement, et le casser par logiciel pose d'autres questions.

Claire Martin: Bon. Passons maintenant à un sujet plus inquiétant : la sécurité. Et là, on commence par une histoire qui a de quoi faire froid dans le dos. Un chercheur a obtenu un shell root sur des télévisions Samsung de 2025, en exploitant des zero-days.

Nicolas Moreau: Et ce n'est pas juste le root shell qui est intéressant. En explorant le système, il a mis en évidence trois choses : un microphone toujours actif, un système ACR, donc la reconnaissance automatique de contenu, et de la télémétrie partagée avec des centaines de partenaires.

Claire Martin: Des centaines de partenaires, tu te rends compte ? Ça veut dire que ce que votre télévision regarde avec vous, ce qu'elle entend, ce n'est pas juste entre vous et Samsung. C'est partagé avec un écosystème très large.

Nicolas Moreau: Et là, dans les réactions, il y a deux lignes de fond. La première : c'est choquant, ça devrait être illégal ou au moins clairement signalé à l'achat. La seconde, plus cynique : tout le monde le savait plus ou moins, c'est le modèle économique de la télé connectée, la télévision est vendue à perte et les données sont le vrai produit.

Claire Martin: Et une question qui revient souvent : le microphone toujours actif, est-ce qu'il enregistre réellement des conversations, ou est-ce qu'il sert uniquement aux commandes vocales ? Le chercheur a révélé son existence et son activation permanente, mais la portée exacte de ce qu'il capture, ça reste une zone d'ombre.

Nicolas Moreau: Et là, un autre sujet de sécurité, très différent dans sa forme mais tout aussi inquiétant pour les développeurs : la CVE-2026-111497. C'est une faille dans le décodeur Brotli de Google, une écriture hors bornes, qui touche Node.js, Python, C++, Envoy, et des bibliothèques HTTP dans plusieurs langages.

Claire Martin: Ce qui est important ici, c'est l'ampleur de la propagation. Brotli, c'est un format de compression, il est embarqué partout. Donc une faille dans son décodeur, ce n'est pas juste une faille dans un outil, c'est une faille dans un composant utilisé par des centaines de projets, dans des dizaines de langages.

Nicolas Moreau: Et pour illustrer à quel point la chaîne d'approvisionnement logicielle est fragile, il y a un projet amusant : stealmybitcoin.com. C'est un CTF, un challenge de sécurité, avec environ 500 dollars de bitcoin cachés sur un serveur PHP volontairement vulnérable. Le but : tester si un exploit lié à une CVE PHP fonctionne vraiment.

Claire Martin: Donc au lieu de juste dire « cette faille existe », quelqu'un a mis de l'argent réel en jeu pour que la communauté vienne le vérifier par elle-même. C'est une forme de preuve par l'expérience, en public.

Nicolas Moreau: Et je trouve que ça change la tonalité du débat. Au lieu d'un article théorique sur une CVE, on a une expérience concrète : soit quelqu'un décroche le bitcoin, ce qui prouve l'exploit, soit personne n'y arrive, ce qui en dit aussi long. Dans les deux cas, on apprend quelque chose.

Claire Martin: Et ce qui reste à surveiller sur tous ces sujets : les correctifs, la divulgation responsable, et surtout le temps que ça prend. Parce qu'entre la découverte d'une faille et sa correction effective sur l'ensemble de l'écosystème, il peut s'écouler des mois.

Nicolas Moreau: Bon, et ça nous amène tout naturellement aux outils et aux plateformes. Parce que Brotli, c'est du open-source, et le open-source, on en parle beaucoup ce soir. Alors : Roku a migré ses dépôts de développeurs de GitHub vers GitLab, sans aucune explication publique.

Claire Martin: Et dans les commentaires, les utilisateurs avancent une hypothèse : des instabilités récurrentes de GitHub. Mais attention, c'est une supposition, Roku n'a rien confirmé. Ce qui est sûr, c'est le silence de l'entreprise, et ça, ça interpelle.

Nicolas Moreau: Parce qu'une migration de dépôts, ce n'est pas juste un clic. C'est tout un écosystème de workflows, d'intégrations continues, d'outillages qui doivent suivre. Et le fait que ça se fasse en silence, ça nourrit les spéculations.

Claire Martin: Et en face de cette agitation, il y a un exemple de stabilité qui mérite d'être salué : FreeDNS, sur afraid.org. Un service gratuit de DNS et de dynamic DNS, actif depuis 2001. Plus de 7 millions d'utilisateurs, 13,8 millions d'enregistrements.

Nicolas Moreau: Vingt-quatre ans d'activité, gratuitement. C'est un monument du web alternatif. Et je pense que ça dit quelque chose : pendant que les grandes plateformes se disputent et migrent, il existe des services communautaires, discrets, qui tiennent depuis deux décennies.

Claire Martin: Et ça amène une vraie question : est-ce que la fiabilité à long terme, elle ne viendrait pas plutôt de ces projets modestes, bien tenus, que des géants ? Parce que Roku a choisi GitLab, un géant. Mais on ne sait pas encore si c'est un better deal ou juste un changement de dépendance.

Nicolas Moreau: Et à suivre justement : est-ce que d'autres entreprises vont suivre Roku ? Ou est-ce un cas isolé ? On n'en sait rien encore.

Claire Martin: Et dans le même fil, toujours sur les outils, il y a une mise à jour qui va faire plaisir à pas mal de créateurs de contenu : OBS Studio 33.0. Elle met à jour CEF, le moteur embarqué de rendu, de la version 2024 vers la version 2026, elle refait entièrement le chargement des plugins, elle active NVENC sur Arm64, et corrige plusieurs bugs.

Nicolas Moreau: Le passage de CEF de 2024 à 2026, c'est le genre de chose invisible pour l'utilisateur, mais crucial pour la sécurité et la performance. Un navigateur embarqué non mis à jour, c'est une porte d'entrée potentielle.

Claire Martin: Et le NVENC sur Arm64, ça ouvre l'encodage matériel sur des machines ARM, ce qui devient de plus en plus courant avec les nouvelles architectures. Et la refonte du chargement de plugins, ça devrait simplifier la vie des développeurs d'extensions.

Nicolas Moreau: Bon. Et pour finir, on a une section un peu plus large, qu'on pourrait appeler curiosités, mais où il y a en fait des choses sérieuses. Commençons par la plus sérieuse : l'EPFL présente LogSync, une puce de 4 par 2 millimètres, implantée, qui enregistre des signaux entre différentes régions du cerveau et identifie des états cognitifs et émotionnels, le tout en moins de 200 microwatts.

Claire Martin: 200 microwatts, c'est vraiment très peu. Et ça, c'est le point clé : pour qu'une puce reste implantable à long terme, il faut qu'elle consomme très peu, sinon on chauffe le tissu cérébral. Donc cette prouesse de consommation, c'est ce qui rend le dispositif réaliste.

Nicolas Moreau: Et les implications, on peut les imaginer : mieux comprendre comment les régions du cerveau communiquent, éventuellement à terme aider au diagnostic ou à la recherche sur des troubles cognitifs. Mais attention, ce que la source nous dit, c'est l'enregistrement et l'identification d'états. On est dans la recherche fondamentale, pas encore dans l'application clinique.

Claire Martin: Et pour ceux qui veulent creuser le fond scientifique de tout ça, il y a un article didactique de 2018, « I don't understand quantum physics », signé Douglas Ross, physicien à l'Université de Southampton. C'est une porte d'entrée pour les non-scientifiques vers la physique quantique.

Nicolas Moreau: C'est un bon réflexe d'ailleurs : quand on lit des annonces technologiques qui touchent au cerveau ou aux capteurs, aller chercher les bases scientifiques derrière, ça aide énormément à trier le vrai du promis.

Claire Martin: Et là, je veux enchaîner sur quelque chose de plus terre à terre, mais qui me tient à cœur : la PHP Foundation. Elle est sous-financée. Un seul employé à temps plein, environ 350 000 dollars de solde, et ce solde est en baisse. Elle appelle les entreprises à sponsoriser.

Nicolas Moreau: Et c'est un vrai paradoxe : PHP fait tourner une part énorme du web, des millions de sites, des plateformes critiques. Et la fondation qui maintient le langage, elle n'a qu'une personne à plein temps et quelques mois de trésorerie devant elle.

Claire Martin: C'est exactement la question qu'on a évoquée tout à l'heure avec FreeDNS : qui finance les infrastructures open-source essentielles ? Et la réponse, aujourd'hui, c'est souvent : presque personne, ou des dons insuffisants.

Nicolas Moreau: Et ça rejoint aussi notre premier sujet, tu te rends compte. On parle de milliards investis dans l'IA, sans retour visible, et dans le même temps une fondation qui maintient un langage critique du web ne peut pas payer plus d'un ingénieur. Le contraste est frappant.

Claire Martin: Frappant, oui. Et ça, c'est l'inconnue de ce chapitre : est-ce que les entreprises qui dépendent de PHP, ou de tout autre projet open-source, vont finir par comprendre que leur propre infrastructure dépend de ces petites équipes sous-financées ? Ou est-ce qu'il faudra une panne majeure pour que ça bouge ?

Nicolas Moreau: Et pour terminer sur une note plus légère, parce qu'il en faut : la pièce de 5 pence de Sainte-Hélène représente Jonathan, une tortue géante d'environ 190 ans.

Claire Martin: 190 ans, tu te rends compte ? Cette tortue a traversé deux siècles. Et son histoire récente est à la fois drôle et un peu inquiétante : en 2023, elle a failli mourir, renversée sur le dos après une bagarre entre compagnons. À 190 ans, se retrouver sur le dos, c'est potentiellement fatal.

Nicolas Moreau: Heureusement, visiblement, ça s'est bien terminé puisqu'elle apparaît maintenant sur la monnaie de l'île. C'est un petit clin d'œil, mais ça illustre un truc : même après 190 ans, il reste des surprises. Un peu comme tout ce dont on a parlé ce soir.

Claire Martin: Oui, on a parcouru un beau chemin : les finances de l'IA et ses questionnements sur les emplois, le code écrit par des machines et de nouveaux langages qui bousculent C++ et Rust, des télévisions qui écoutent un peu trop, des failles qui se propagent dans toute la chaîne logicielle, des plateformes qui migrent en silence, et une puce dans le cerveau qui coûte 200 microwatts.

Nicolas Moreau: Et une tortue sur une pièce. Sur ces entrefaits, merci à toutes et à tous de nous avoir suivis. On se retrouve très bientôt pour une nouvelle édition.

Claire Martin: Portez-vous bien, et à très vite !